1. Tomoko Akasaka
  2. AMEG
  3. Georges Aperghis
  4. Alexandre Babel
  5. Jean-Jacques Balet
  6. William Blank
  7. Rainer Boesch
  8. Jean Bosco Reboul
  9. Anne Cardinaud
  10. Centre International de Percussion
  11. Pascal Contet
  12. Ensemble Contrechamps
  13. Damien Darioli
  14. Arne Deforce
  15. Benjamin Dupé
  16. Ensemble Contemporain du Conservatoire
  17. Ensemble de Percussions du Conservatoire
  18. Raul Esmerode
  19. Benjamin de la Fuente
  20. Laurent Gay
  21. Stefano Giannotti
  22. François-Frédéric Guy
  23. Jurjen Hempel
  24. Ircam
  25. Jean-François Laporte
  26. Studio National des Arts du Fresnoy
  27. Quatuor Leonis
  28. Sylvie Levesque
  29. Daniel Levy
  30. Natacha Maric
  31. Tom Mays
  32. Pierre-Stéphane Meugé
  33. René Meyer
  34. Musiques Inventives d'Annecy
  35. Donatienne Michel-Dansac
  36. Ernesto Molinari
  37. La Muse en Circuit
  38. New London Chamber Choir
  39. Neue Vocalsolisten
  40. Paolo Pachini
  41. Olivier Pasquet
  42. Laure-Anne Payot
  43. Joris Ruhl
  44. Sylvie Sacoun
  45. Ensemble vocal Séquence
  46. Tomas Sevin
  47. David Sighicelli
  48. Samuel Sighicelli
  49. Thierry Simonot
  50. Ensemble Sphota
  51. Geneviève Strosser
  52. Gábor Takács-Nagy
  53. Quartetto di Torino
  54. Ensemble Vortex
  55. Wu Wei
  56. James Wood
  57. Franck Wörner
  58. Béatrice Zawodnik
Georges Aperghis
Compositeur et homme de théâtre (Grèce-France, 1945)




D.R.

Georges Aperghis, compositeur grec, né à Athènes le 27 décembre 1945. Son père, Achille Aperghis, sculpteur, et sa mère, Irène, peintre lui procurent un fort environnement artistique et militant dans la Grèce d'après-guerre et une grande liberté qui sont sans aucun doute à l'origine de son parcours original et indépendant. Son éducation est principalement autodidacte : il partage une double passion pour la peinture (il exposera ses oeuvres dès l'âge de douze ans) et la musique qu'il découvre grâce à la radio et le piano qui lui est enseigné par une amie de la famille. A Athènes, il n'a que peu d'information sur l'avant-garde européenne, mais se nourrit de la lecture de partitions du répertoire, entend quelques pages de Schoenberg, Bartok et Stravinsky et reçoit comme un choc les premières expériences concrètes de Pierre Schaeffer et Pierre Henry. En 1963, il s'installe à Paris pour y poursuivre ses études musicales et décide définitivement d'abandonner la peinture. Il y rencontre le milieu de la création par l'intermédiaire du Domaine Musical et des concerts à la Maison de la Radio ses premières oeuvres sont ainsi marquées d'une part par le sérialisme et d'autre part par les recherches de Xenakis (Antistixis , pour trois quatuors à cordes, Anakroussis pour sept instruments, 1967, Bis pour deux orchestres, 1968). Qualifiant lui-même ces toutes premières pièces d'études, il ressent la nécessité d'approfondir un langage plus libre et plus personnel, davantage en rapport avec ses convictions qui le font rencontrer les univers de John Cage et de Mauricio Kagel, et celui du théâtre qu'il découvre des coulisses suite à son mariage avec la comédienne Edith Scob.

En 1971, Georges Aperghis compose La tragique histoire du nécromancien Hiéronimo et de son miroir (pour deux voix de femmes : chantée et parlée, un luth, un violoncelle) : c'est sa première pièce de théâtre musical, à l'origine d'une grande partie de ses investigations désormais largement tournées vers les rapports de la musique au texte, de la musique à la scène. Il participe ainsi à la grande aventure du théâtre musical qui débute en France au Festival d'Avignon : il y crée successivement à cette époque La tragique histoire... (1971), Vesper (1972), Pandæmonium (1973), Histoire de loups (opéra, 1976)... A partir de 1976, Georges Aperghis va partager son travail en trois grands domaines : en premier lieu, le théâtre musical avec la création de l'Atelier Théâtre et Musique (ATEM) installé à Bagnolet, en banlieue parisienne jusqu'en 1991 puis au Théâtre des Amandiers de Nanterre, structure avec laquelle il renouvelle complètement sa pratique de compositeur. Faisant appel à des musiciens aussi bien qu'à des comédiens, les spectacles de Georges Aperghis avec l'ATEM sont inspirés de quotidien, de faits sociaux transportés vers un monde poétique, souvent absurde et satyrique, créé au fur et à mesure des répétitions. Tous les ingrédients (vocaux, instrumentaux, gestuels, scéniques...) sont traités également et contribuent - en dehors d'un texte préexistant - à la dramaturgie des spectacles. De 1976 (La bouteille à la mer ) à 1997, date à laquelle il quitte l'ATEM, on compte au total plus d'une vingtaine de spectacles, dont Conversations (1985), Enumérations (1988), Jojo (1990), H (1992), Sextuor (1993), Commentaires (1996). Après 1997, Georges Aperghis poursuit son travail sur le théâtre musical de manière plus versatile, avec notamment Zwielicht (1999), Machinations (2000) et Paysage sous surveillance (2002, sur le texte d'Heiner Müller).

Une grande série de pièces pour instruments ou voix solistes (dont les incontournables Récitations, 1978), introduisant suivant les cas des aspects théâtraux, parfois purement gestuels, peut faire le lien avec le deuxième volet de son travail : la musique de chambre et pour orchestre, vocale ou instrumentale, riche de nombreuses oeuvres pour des effectifs très variés. Il n'y abandonne pas son goût pour l'expérience et une certaine provocation (Die Wände haben Ohren, pour grand orchestre,1972), mais à la différence du théâtre musical, rien n'est à vocation proprement scénique et tout est déterminé par l'écriture. Elle est rythmiquement complexe, toujours chargée d'une vigoureuse énergie qu'il obtient en traitant les limites (tessitures, nuances, virtuosité), les alliages (voix + instrument / cordes + percussion / son + bruit, etc.). Ce domaine de la composition, partiellement abandonné dans les années quatre-vingt au profit du théâtre musical, est redevenu dans les années quatre-vingt-dix un terrain particulièrement fertile pour Georges Aperghis. L'oratorio Hamlet Maschine (2001, d'après Heiner Müller) en est l'illustration la plus magistrale.

L'opéra, troisième domaine, peut être considéré comme une synthèse : ici le texte est l'élément fédérateur et déterminant. La voix, le principal vecteur de l'expression. Georges Aperghis a composé sept ouvrages lyriques à partir de Jules Verne (Pandæmonium, 1973), de Diderot (Jacques le fataliste, 1974), de Freud (Histoire de loups, 1976), d'Edgar Poe (Je vous dis que je suis mort, 1978), d'une lettre de Bettina Brentano à Goethe (Liebestod, 1981), de l'Echarpe rouge d'Alain Badiou (1984) et des Tristes tropiques de Levi-Strauss (1996).

Compositeur prolixe, Georges Aperghis construit, avec une invention jamais tarie, une oeuvre personnelle qui défie les classifications : sérieuse et empreinte d'humour, attachée à la tradition autant que libre des contraintes institutionnelles, il sait ouvrir des horizons inespérés de vitalité et d'aisance à ses interprètes et réconcilie habilement le sonore et le visuel.

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